Dissertation Sur L Amiti

Résumé de l'exposé

La célèbre pièce de Samuel Beckett, En attendant Godot, met en scène deux clochards Estragon et Vladimir. Alors qu'ils attendent Godot, un personnage qui ne viendra jamais, ils agissent de manière puérile. Ils paraissent ne pas s'écouter, ni même s'entendre mais pourtant ils restent ensemble et ne peuvent se séparer. Ils donnent l'impression d'être liés l'un à l'autre. Cet étrange comportement absurde et excentrique ressemble à ce que l'on appelle l'amitié.

L'amitié est ce sentiment d'affection ou de sympathie qu'une personne a pour une autre qui ne se fonde ni sur la parenté, ni sur l'attrait sexuel. Selon Kant, il s'agit de l'union de deux personnes liées par un amour réciproque et un égal respect. L'amitié ne doit cependant pas être confondue avec l'amour.

...

Sommaire de l'exposé

  1. L'amitié est consubstantielle à la vie collective, mais la recherche de l'amitié est parfois illusoire et menace l'ordre social
    1. L'amitié est inclusive et consubstantielle à la vie collective
    2. L'amitié est exclusive et menace l'ordre social
  2. Le déclin de l'amitié comme son exacerbation conduit à une désagrégation du lien social, nécessitant de repenser le lien entre les individus et la société
    1. Le déclin de l'amitié tout comme son exacerbation conduisent à une désagrégation du lien social
    2. La recherche d'un rapport apaisé entre la société et l'amitié

À propos de l'auteur

Thierry N.EtudiantSociologie
Dissertation sur l'amitié
Niveau
Grand public
Etude suivie
économie...
Ecole, université
Bordeaux

Descriptif de l'exposé

Date de publication
2014-08-27
Date de mise à jour
2014-09-03
Langue
français
Format

Word

Type
dissertation
Nombre de pages
5 pages
Niveau
grand public
Téléchargé
2 fois
Validé par
le comité de lecture

Dissertation sur l'amitié

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Corrigé

Introduction

L’amitié est une des relations fondamentales de l’existence. Nous en attendons le bonheur mais savons-nous la définir correctement ? De plus, il n’est pas rare d’entendre des plaintes concernant les faux amis. Ce sujet essentiel est aussi la source de grandes déceptions voire de blessures lentes à cicatriser. Ce texte de Cicéron a pour intérêt de caractériser précisément ce sentiment tout en critiquant les caricatures d’amitié.

Info

L’introduction doit cerner l’enjeu du texte par la mise en évidence des grandes lignes de son contenu.

Quelles sont les marques de l’amitié véritable ? Nous disons volontiers qu’elle est à la fois plaisante et utile, mais le plaisir et l’utilité en sont-ils le fondement ? Répondre à ces questions doit nous permettre de former des idées claires qui nous guideront dans l’expérience de la vie.

1. Le fondement de l’amitié et la critique du plaisir

A. Une relation désintéressée

Cicéron affirme que « l’amitié doit être recherchée pour elle-même ». Ce critère est fondamental. La relation amicale est très particulière, car elle n’a pas de but extérieur. Elle ne cherche rien d’autre que sa perpétuation. C’est ainsi qu’elle est bonne. L’amitié procure le bonheur du fait même de son exercice. Cicéron se réfère implicitement à Aristote qui, dans Éthique à Nicomaque, décrit l’amitié vertueuse comme étant désintéressée. Ce désintéressement est le garant d’une certaine pureté. La valeur de l’amitié, son « prix », tient dans sa réciprocité. On aime l’autre pour ce qu’il est et on est aimé de lui pour ce que l’on est soi-même. Les amis ne désirent qu’une chose : entretenir leur relation. Ils ont le mêmebut et ils l’atteignent de la mêmefaçon.

B. La critique du plaisir

La valeur morale de l’amitié est immédiatement confirmée par la référence au plaisir. Cicéron qualifie de bestiale l’attitude de ceux qui ne nouent des relations qu’en fonction de l’agrément qu’ils en espèrent. Le propos est structuré par une opposition entre le bas et le haut, le vulgaire et le noble. Il est « vil et méprisable » de ne voir d’attrait que dans les plaisirs des sens. Ce désir ne distingue pas l’homme de l’animal et l’idée de bestialité implique celle de dégradation, d’avilissement. À cela s’oppose la démarche de ceux qui savent « élever leurs regards ». Ils cherchent « le magnifique » et le « divin ». Il en ressort que la relation désintéressée nous rend semblables à des dieux. Nous restons des êtres humains, des êtres imparfaits, nous pouvons commettre des erreurs, nous sommes soumis au temps et au changement, mais l’amitié nous fait tendre vers une perfection, celle d’une relation autosuffisante.

Info

Il faut donner le sens des oppositions, car elles impliquent des valeurs, donc des hiérarchies.

[Transition] Puisque faire du plaisir sensible le but de la relation est indigne de l’amitié vraie, il s’agit de définir celle-ci avec plus de précision. C’est le sens de la deuxième partie.

2. Les qualités de l’amitié véritable

A. L’attrait que l’amitié suscite

Cicéron s’intéresse aux raisons qui font naître l’amitié. Qu’est-ce qui donne envie de devenir l’ami de quelqu’un ? Ce désir est celui d’une amélioration de soi. Ainsi, il apparaît que l’amitié prend naissance dans la perception chez l’autre de « signes manifestes » d’une valeur morale. Cicéron ne les détaille pas, mais on peut penser à la droiture du caractère. La franchise, la conscience lucide de ses forces et de ses défauts, le refus constant de se laisser aller à commettre l’injustice indiquent un esprit noble et provoquent l’admiration chez celui qui les perçoit. Le comportement est la manière dont quelqu’un se signale Dès lors, on désirera se rapprocher de cette personne. L’amitié se développe ainsi dans la « fréquentation » de l’ami. Nous souhaitons devenir l’un de ses proches. Ceci n’exclut pas le plaisir mais celui-ci n’a rien de bestial car il est associé à des raisons morales. Nous sommes convaincus que le contact de cette personne nous rendra meilleur.

B. Égalité et réciprocité

Cicéron ajoute deux autres critères : tout d’abord, l’égalité. Ce point est fondamental et il révèle encore l’influence d’Aristote. Les amis forment une communauté même s’ils ne sont que deux. Celle-ci n’est pas constituée par des lois, elle repose sur des « sentiments affectueux » et sur une même bonne volonté. Il s’agit donc d’une relation éthique. Mais il est impossible qu’elle dure si la relation est inégale. Cicéron souligne l’importance de la réciprocité : « on veut que l’amitié soit aussi forte et de même qualité des deux côtés. » Le déséquilibre engendre la gêne et altère les sentiments. Il n’est pas nécessaire que l’égalité soit arithmétique et il est difficile de quantifier les relations humaines. Il faut qu’elle soit proportionnelle et que chacun montre un souci équivalent de l’autre. Cette attention conduit à prendre plaisir à rendre service à son ami alors que lui demander son aide est toujours moins agréable. Ainsi se crée une « noble émulation ». Celui qui a reçu s’efforce de rendre pour que l’égalité dont une amitié vertueuse se nourrit puisse durer. Ce n’est pas une compétition dont le but est de dominer l’autre. C’est un souci de ne pas devenir une charge pour son ami et de lui faire plaisir à la mesure de nos moyens.

[Transition]L’idée des services rendus conduit Cicéron à critiquer une caricature d’amitié.

3. La critique de la relation utilitaire

A. L’utilité

L’amitié a une dimension utile. Le sens commun en atteste. Un ami est une aide dans les moments difficiles. On dit même que c’est dans l’épreuve que l’on voit qui nous veut vraiment du bien. « Quand la fortune est favorable, à quoi bon des amis ? » dit un proverbe rapporté par Aristote. Mais en quel sens faut-il comprendre cette utilité ? Celle-ci est-elle une caractéristique de l’amitié parfaite ? Cicéron semble le dire en affirmant qu’on peut attendre d’elle « le plus grand profit ». La communauté amicale aurait donc pour finalité l’échange de services. Comment concilier cette idée avec celle d’une amitié désintéressée ?

B. La logique de l’intérêt

L’intérêt est une valeur importante car il est naturel et légitime de rechercher ce qui nous est utile. Cette quête nous conduit à fréquenter ceux qui ont le pouvoir de satisfaire nos désirs. De plus, il peut impliquer la réciprocité. On parle d’un intérêt commun ou partagé. Cependant, l’intérêt ne vise pas l’autre pour lui-même mais seulement en tant qu’il est un moyen pour parvenir à nos fins. Nous le satisfaisons dans la mesure où il nous satisfait. Ce qui nous est utile à un moment cessera de l’être à un autre et la personne que nous fréquentions sera délaissée. La relation est donc contingente, c’est-à-dire factuelle, aléatoire, et finalement superficielle. Elle n’est pas fondamentale. Or le lien amical est nécessaire, presque fatal. Montaigne résumait son amitié avec La Boétie par cette formule restée célèbre : « parce que c’était lui, parce que c’était moi ». De fait, l’amitié met en jeu l’individualité de chacun et cette affinité profonde est supérieure à des considérations utilitaires. La contradiction que nous indiquions n’est donc qu’apparente. Cicéron ne fait pas de l’utilité le but de la relation. Elle n’en est selon lui qu’une conséquence.

Conclusion

Ce texte de Cicéron définit l’amitié véritable en la distinguant de ses simulacres. C’est une relation désintéressée, animée par un souci moral de perfectionnement de soi et d’aide de l’autre. Notons toutefois que Cicéron n’exclut pas le plaisir et l’utilité. Ils font partie de la relation amicale mais ce sont des conséquences, non des principes. Une amitié sincère est aussi plaisante et utile et c’est pourquoi elle procure « le plus grand profit ».

Conseil

Il faut affiner progressivement l’analyse des notions comme ici dans le cas du plaisir. Celui-ci est de qualité différente.

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